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dimanche 16 décembre 2018

Révolution perpétuelle


Un peu dans l’air du temps: une histoire de rond-point… Histoire de giration, de mouvement perpétuel (hélicoïdal), de spirale, de révolution… D’un monde qui tourne en rond.

Assur a été le premier à l’avoir remarquée. C’était une voiture qui, comme les autres, ne mettait pas son clignoteur pour indiquer son intention de sortir du rond-point, mais qui, contrairement aux autres, ne sortait pas. Elle a fait le tour deux fois, trois fois… Cela arrive à tout le monde de se tromper de direction. Mais il fallait être vraiment paumé, obnubilé par l’écran du GPS, pour faire quatre ou cinq fois le tour sans tenter sa chance dans une autre direction. Assur avait entretemps remarqué la marque et la couleur de l’auto: une Peugeot 308, gris métallisé, d’une ancienne série qui ne se fabriquait sans doute plus actuellement. Assur s’y connaissait un peu en bagnoles, il rêvait de devenir mécanicien, et c’est peut-être ce détail qui l’a finalement incité à faire part de sa réflexion.
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dimanche 14 octobre 2018

L'eau et le parfum





Il était interdit de pénétrer dans le salon du piano. A moins que sa mère ne le fît venir expressément. Sa bonne alors l’y conduisait et le laissait sur le pas de la porte qui demeurait entrouverte. Pisti s’avançait à travers cette porte à double battant et s’inclinait devant la lumière, spectre hautain, drapé de velours, qui pointait son doigt sur lui.
- Mère, je vous baise la main.
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vendredi 22 décembre 2017

Vis ta vie




Il s’est réveillé au milieu de la nuit. Ce n’était pas la première fois que cela lui arrivait. Comme d’habitude, il s’est empressé de regarder l’heure sur son réveil pour se repérer dans le vide et l’obscurité. Il était deux heures trente du matin. Cela voulait dire qu’il avait dormi au moins pendant trois heures et qu’il lui restait encore quatre tours de cadran avant la sonnerie fatidique du réveil. Devait-il s’en réjouir ou s’en inquiéter ? Quatre heures de repos ou d’attente interminable ? Il s’est levé pour aller aux toilettes. Il a ouvert le tiroir sous le lavabo pour prendre la boîte de somnifères en se demandant s’il était raisonnable d’avaler un demi-comprimé à cette heure-ci. Il a finalement choisi de ne rien prendre et de laisser le hasard décider de son sort pour le restant de cette nuit.

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lundi 17 juillet 2017

Sur la plage des Anglais




Sur la plage des Anglais

Petite histoire de football d’un autre temps.


Ils sont vêtus de blanc. Entièrement de blanc. La couleur du ciel au-dessus du Rio de la Plata. Celle des maillots amples qui flottent dans le vent ou du vent lui-même, intense, insaisissable. Ils courent le long de la plage. Playa de los Ingleses… Ou peut-être Playa Malvin ou Playa Verde. Le mouvement est un souffle, une inspiration, aussi fluctuante que la brume qui se dissipe sur l’océan. Blanc comme l’écume des vagues.

Alors, j’entends la voix d’Evaristo qui se tient derrière moi… Ou plutôt derrière l’enfant de neuf ans dans lequel je me reconnais.

-  Angel Romano… José Piendibene… Carlos Scarone… Son frère, Hector… Et Alfredo Foglino, là tout devant.

Les joueurs de la Céleste. Leurs noms me reviennent, sans que j’aie à les invoquer dans ma mémoire. Les hommes ralentissent et baissent les bras devant l’océan. Ils avancent en marchant maintenant. L’un d’eux est resté en arrière. Il revient sur ses pas. Il s’accroupit sur le sable, face aux vagues. On dirait qu’il a perdu quelque chose. Un de ses camarades l’interpelle d’une voix à peine audible.

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